Psychologue, psychiatre, psychopraticien : les différences
Psychologue, psychiatre, psychothérapeute, psychopraticien :
quelles différences ?
Psychologue, psychiatre, psychothérapeute, psychopraticien : ces quatre mots reviennent sans cesse, et il est très fréquent de les confondre. Pourtant, en France, seuls certains de ces titres sont protégés par la loi, et les différences de formation ont des conséquences concrètes : qui peut prescrire un médicament, qui peut être remboursé par l'Assurance Maladie, et vers qui se tourner selon votre situation.
En tant que psychologue clinicien à Rennes, je reçois régulièrement cette question en cabinet. Voici un guide clair pour vous aider à comprendre qui fait quoi, et surtout, qui consulter.
En bref
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Psychologue : titre protégé (loi du 25/07/1985) — Master 2 de psychologie (bac+5) — numéro ADELI — ne peut pas prescrire de médicaments — peut pratiquer la psychothérapie — remboursement partiel possible (dispositif MonPsy / parcours de soins)
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Psychiatre : titre protégé (titre de médecin + spécialité) — doctorat en médecine + spécialisation en psychiatrie (10-11 ans) — numéro RPPS — seul à pouvoir prescrire des médicaments et poser un diagnostic médical — remboursé comme toute consultation médicale
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Psychothérapeute : titre protégé (loi Accoyer, 2004/2010) — accessible aux psychologues, médecins et psychanalystes reconnus, sous conditions — numéro ADELI spécifique — ne prescrit pas (sauf s'il est aussi médecin) — remboursé uniquement s'il est aussi psychologue ou médecin conventionné
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Psychopraticien : titre non réglementé — aucune formation obligatoire définie par la loi — pas de numéro ADELI — ne prescrit pas, ne diagnostique pas — jamais remboursé
Le psychologue : un titre protégé, pas un simple diplôme
Contrairement à une idée reçue, le titre de psychologue est un titre protégé par la loi (article 44 de la loi du 25 juillet 1985), pas une simple appellation libre pour qui détient un diplôme de psychologie.
Pour porter ce titre légalement, il faut :
- avoir obtenu une licence puis un master 2 de psychologie (bac+5) comportant les enseignements théoriques et les stages professionnels définis par l'arrêté du 19 mai 2006 ;
- avoir effectué les stages pratiques requis (généralement 500h minimum) ;
- être enregistré auprès de l'Agence Régionale de Santé (ARS), qui délivre alors un numéro ADELI.
Le psychologue n'est pas médecin : il ne peut donc pas prescrire de médicament ni établir un diagnostic médical au sens strict. Il évalue, accompagne, et peut pratiquer la psychothérapie dans le cadre de sa formation.
Psychologue clinicien : une spécialité, pas un grade supérieur
On lit souvent que le « psychologue clinicien » serait un psychologue ayant suivi une formation supplémentaire après son master. C'est une confusion fréquente, y compris sur d'autres sites. En réalité :
- « clinicien » est une mention de spécialité du master de psychologie (au même titre que « psychologie du travail » ou « neuropsychologie »), choisie dès le master 1 ou master 2 ;
- ce n'est pas un troisième cycle ni un diplôme distinct du titre de psychologue ;
- un psychologue clinicien est donc un psychologue dont la formation s'est centrée sur la psychopathologie, l'évaluation clinique et la psychothérapie, ce qui en fait l'interlocuteur de référence pour les troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement, etc.).
Le psychiatre : la seule profession à pouvoir prescrire
Le psychiatre est avant tout un médecin, inscrit au Conseil National de l'Ordre des Médecins, qui a choisi la spécialité « psychiatrie » après son internat (soit environ 10 à 11 ans d'études après le bac).
Étant médecin, il est le seul, parmi les quatre professions évoquées ici, à pouvoir :
- poser un diagnostic médical,
- prescrire des médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, etc.),
- prescrire une hospitalisation si nécessaire.
Il peut également pratiquer la psychothérapie, mais son approche reste articulée à une dimension médicale, ce qui le rend particulièrement indiqué en cas de trouble sévère, de risque suicidaire, ou lorsqu'un traitement médicamenteux est à envisager en complément d'un accompagnement psychologique.
Le psychothérapeute : un titre réglementé mais accessible à plusieurs profils
C'est la profession la plus souvent oubliée dans les comparatifs, alors qu'elle est encadrée par la loi (loi Accoyer du 9 août 2004, décret d'application de 2010). Le titre de psychothérapeute :
- est protégé et délivré par l'ARS, avec un numéro ADELI spécifique ;
- est accessible aux psychologues, médecins (dont psychiatres) et, sous conditions, aux psychanalystes membres d'une association reconnue, à condition de suivre une formation complémentaire en psychopathologie clinique théorique et pratique ;
- n'implique en revanche aucune obligation légale de suivre soi-même une psychothérapie personnelle, ni de se former à une méthode thérapeutique précise, ni d'être supervisé en continu.
En clair : un psychothérapeute a toujours, au départ, un diplôme de psychologue ou de médecin. Ce n'est pas une profession accessible sans diplôme préalable, ce qui le distingue nettement du psychopraticien.
Le psychopraticien : une pratique non réglementée
Le terme « psychopraticien » ne correspond à aucune profession réglementée en France. Il n'existe ni diplôme d'État, ni formation obligatoire, ni numéro ADELI pour ce titre.
Concrètement :
- la formation d'un psychopraticien dépend entièrement de l'organisme privé qu'il a choisi (durée, contenu et sérieux très variables) ;
- certains psychopraticiens ont une formation longue et exigeante dans une approche donnée (analyse transactionnelle, Gestalt, PNL...), d'autres beaucoup moins ;
- les consultations ne sont jamais remboursées par l'Assurance Maladie ;
- il est donc essentiel, avant de consulter, de vérifier la formation précise de la personne, l'organisme qui l'a délivrée, et son appartenance éventuelle à une fédération professionnelle qui impose un code de déontologie.
Cela ne signifie pas qu'un psychopraticien ne peut pas être un bon accompagnant : cela signifie qu'aucune garantie légale ne l'encadre, contrairement aux trois autres professions.
Qui consulter, concrètement ?
- Mal-être passager, besoin d'un espace d'écoute et de recul : un psychologue ou un psychologue clinicien.
- Trouble anxieux, dépressif, difficultés relationnelles ou de couple, accompagnement dans la durée : un psychologue clinicien, en libéral ou en CMP.
- Symptômes sévères, idées suicidaires, nécessité d'un avis médical ou d'un traitement médicamenteux : un psychiatre, en complément éventuel d'un suivi psychologique.
- Démarche thérapeutique structurée autour d'une méthode précise (TCC, EMDR, etc.) menée par un professionnel diplômé : un psychologue ou un psychiatre titulaire du titre de psychothérapeute.
Foire aux questions
Le remboursement par la Sécurité sociale, c'est pour qui ?
Les consultations chez un psychiatre sont remboursées comme toute consultation médicale. Celles chez un psychologue peuvent être partiellement prises en charge dans le cadre du dispositif de remboursement des séances de psychologue (sur orientation du médecin traitant, auprès de psychologues conventionnés). Les psychothérapeutes ne sont remboursés que s'ils sont également médecins ou psychologues conventionnés. Les psychopraticiens ne sont jamais remboursés.
Un psychologue peut-il poser un diagnostic ?
Il peut réaliser une évaluation clinique et psychométrique (tests de personnalité, bilans cognitifs, etc.) et identifier des troubles psychiques, mais il ne pose pas de diagnostic médical au sens légal : seul un médecin (généraliste ou psychiatre) le peut.
Psychanalyste, est-ce la même chose que psychothérapeute ?
Non. Le titre de psychanalyste n'est pas non plus encadré par la loi : il repose sur la reconnaissance par les pairs au sein d'une école de pensée psychanalytique, et suppose généralement d'avoir soi-même suivi une psychanalyse. Un psychanalyste est très souvent, mais pas systématiquement, également psychologue ou psychiatre.
Jérémy Bouchaud est psychologue clinicien, titulaire d'un Master 2 en psychopathologie clinique , conventionné avec l'Assurance Maladie. Il reçoit en cabinet à Rennes (1 rue Vaneau).
Psy Rennes