La symptomatologie de la bipolarité
La bipolarité : symptômes et différents types
Le trouble bipolaire est un trouble psychiatrique qui touche environ 1 à 2,5 % de la population selon les études, à des degrés variables. Caractérisé par des variations extrêmes de l'humeur, il peut avoir un impact significatif sur la vie quotidienne, le travail et les relations interpersonnelles. Cet article propose un tour d'horizon de la symptomatologie du trouble bipolaire, c'est-à-dire l'ensemble de ses symptômes, ainsi que de ses différents types.
La symptomatologie de la bipolarité
Le trouble bipolaire se caractérise par l'alternance de deux pôles d'humeur distincts : la phase maniaque (ou hypomaniaque) et la phase dépressive, parfois séparées par des périodes d'humeur stable.
1. La phase maniaque
Lors d'un épisode maniaque, une personne peut présenter les symptômes suivants :
Une énergie accrue et une activité excessive. Une irritabilité ou une agitation inhabituelle. Un sentiment d'euphorie ou d'excitation excessive. Une accélération du débit de parole et de la pensée. Une impulsivité et des comportements à risque (dépenses excessives, conduite dangereuse, etc.). Une diminution marquée du besoin de sommeil, sans fatigue ressentie. Des idées de grandeur ou un sentiment exagéré de puissance. Une difficulté à se concentrer.
Pour parler d'épisode maniaque au sens clinique, ces symptômes doivent durer au moins une semaine (ou toute durée si une hospitalisation est nécessaire), être présents la majeure partie de la journée, presque tous les jours, et entraîner une altération marquée du fonctionnement social ou professionnel.
2. La phase hypomaniaque
L'hypomanie présente les mêmes symptômes que la manie, mais de façon moins intense et plus brève : au moins 4 jours consécutifs suffisent pour la caractériser. Contrairement à l'épisode maniaque, elle n'entraîne pas d'altération marquée du fonctionnement quotidien ni d'hospitalisation, ce qui la rend souvent plus difficile à repérer, y compris par la personne concernée.
3. La phase dépressive
Lors d'un épisode dépressif, les symptômes suivants peuvent se manifester :
Une tristesse persistante et un sentiment de désespoir. Une perte d'intérêt pour les activités habituelles (anhédonie). Une fatigue et un manque d'énergie. Des changements d'appétit et de poids. Des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie). Des difficultés à se concentrer et à prendre des décisions. Un sentiment de culpabilité ou d'inutilité. Des pensées suicidaires.
Si vous traversez une crise suicidaire, ou si un proche est concerné, le 3114 — numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24h/24 et 7j/7 — permet de parler immédiatement à un professionnel formé.
Les différents types de trouble bipolaire
Le DSM-5 distingue plusieurs formes de trouble bipolaire selon la nature et l'agencement des épisodes maniaques, hypomaniaques et dépressifs.
1. Trouble bipolaire de type I
Ce type se définit par la présence d'au moins un épisode maniaque complet au cours de la vie, qu'il soit ou non précédé ou suivi d'épisodes dépressifs majeurs ou hypomaniaques. C'est la forme la plus marquée : les épisodes maniaques peuvent être sévères, s'accompagner de symptômes psychotiques, et nécessiter une hospitalisation.
2. Trouble bipolaire de type II
Contrairement à une idée répandue, le type II ne correspond pas simplement à une bipolarité « plus légère » que le type I avec des épisodes maniaques atténués. Il se définit par la présence d'au moins un épisode hypomaniaque et d'au moins un épisode dépressif majeur, sans qu'aucun épisode maniaque complet ne survienne jamais. Les phases dépressives y sont souvent plus fréquentes, plus longues et plus invalidantes que les phases hypomaniaques.
3. Le trouble cyclothymique
Ce trouble se caractérise par des fluctuations chroniques entre des symptômes hypomaniaques et des symptômes dépressifs qui ne remplissent pas tous les critères d'un épisode hypomaniaque ou dépressif majeur complet. Pour être diagnostiqué, ce schéma doit persister pendant au moins deux ans chez l'adulte (un an chez l'enfant et l'adolescent), sans interruption de plus de deux mois. Les symptômes sont individuellement moins sévères, mais leur caractère chronique peut perturber durablement la vie quotidienne.
Quand consulter ?
Face à des variations d'humeur marquées, surtout si elles s'accompagnent de comportements à risque, de troubles du sommeil importants ou de pensées suicidaires, il est recommandé de consulter. Le diagnostic du trouble bipolaire relève d'un psychiatre ; un accompagnement psychologique, en complément du suivi médical, aide à mieux comprendre et gérer les fluctuations de l'humeur au quotidien.
Foire aux questions
La bipolarité se soigne-t-elle ? Il n'existe pas de guérison définitive, mais un traitement adapté (souvent médicamenteux, associé à un accompagnement psychologique) permet, dans la majorité des cas, de stabiliser durablement l'humeur et de réduire la fréquence et l'intensité des épisodes.
Quelle différence entre manie et hypomanie ? L'hypomanie présente les mêmes symptômes que la manie, mais de façon moins intense, sur une durée plus courte (4 jours minimum contre 1 semaine), et sans altération marquée du fonctionnement quotidien ni nécessité d'hospitalisation.
Le trouble cyclothymique peut-il évoluer vers un trouble bipolaire de type I ou II ? Oui, c'est possible chez certaines personnes, ce qui justifie un suivi régulier même lorsque les symptômes paraissent modérés.
Jérémy Bouchaud est psychologue clinicien à Rennes, conventionné avec l'Assurance Maladie.
Psy Rennes